Reconnaissance et exécution en Italie des jugements civils étrangers

Les jugements et mesures civiles prononcés à l'étranger sont susceptibles de produire des effets juridiques sur le territoire italien sans qu'il soit nécessaire de demander une reconnaissance préalable.

La législation pertinente, tant nationale qu'européenne, a en effet consacré le principe de la reconnaissance automatique de la peine et de la disposition étrangères, sans qu'aucune procédure spéciale ne soit nécessaire, avec pour conséquence l'abrogation de l'"exequatur" et sous réserve de certaines limites.

Du point de vue du droit interne, la matière est régie par les articles 64 - 67 de la loi no. 218/1995 de réforme du système italien de droit international privé ; tandis qu'au sein de l'UE, le législateur est intervenu avec le règlement no. 44/2001 (Bruxelles 1), alors entièrement remplacé par le Règlement no. 1215/2012 (Bruxelles 2).

  • Tous deux prévalent sur le règlement intérieur, permettant leur non-application.
  • Dans le cadre de de la réglementation susmentionnée, le titulaire d'un droit qui trouve sa reconnaissance dans une disposition judiciaire étrangère, dans n'importe quel pays où elle a été émise, peut donc obtenir la satisfaction concrète de ce droit sur le territoire de l'État italien.
  • Si l'on considère le panorama non communautaire et sans préjudice du principe de reconnaissance automatique, il reste cependant certaines exigences fondamentales auxquelles les condamnations et autres dispositions étrangères doivent satisfaire, afin qu'elles puissent être considérées comme automatiquement reconnues en Italie et donc à l'exécution concrète.

Ces exigences, de nature purement formelle, sont énumérées à l'art. 64 de la loi 218/1995 et concernent la compétence juridictionnelle, la régularité du contre-interrogatoire dans toutes les phases du procès, le non-appel de la sentence, la non-opposition à une autre sentence prononcée en Italie, l'absence de litispendance et la non-opposition à l'ordre public italien.

Voici trois exemples pratiques :

  • Condamnation prononcée dans un pays non membre de l'UE

La Cour suprême de l'État de New York condamne A, citoyen italien, résidant en Italie, à payer une somme d'argent en faveur de Tizio, citoyen américain.

B veut recouvrer son crédit et pour ce faire, ses avocats italiens doivent d'abord obtenir de l'Autorité judiciaire italienne compétente, par l'introduction d'une procédure ad hoc, une disposition de reconnaissance et d'exécution de la condamnation étrangère, non sans avoir apporté la preuve de l'existence des conditions requises par la loi de réforme du droit international privé.

Une fois obtenue la provision  il sera possible d'agir pour le recouvrement concret du crédit.

Condamnation prononcée dans un État membre avant le 10 janvier 2015 (Règlement 44/2001)

Le tribunal de Varsovie, en novembre 2014, a prononcé une condamnation à l'encontre de Beta, une société italienne basée en Italie, pour le paiement d'une somme d'argent en faveur de Gamma, une société polonaise.

Gamma veut recouvrer son crédit et pour ce faire, ses avocats italiens devront d'abord obtenir de l'Autorité judiciaire italienne compétente conformément à la législation de l'UE et par l'introduction d'une procédure ad hoc, une disposition autorisant l'exécution de la peine prononcée par les juges polonais - Décret d'exécution - joignant la documentation requise par le règlement 44/2001, y compris, en particulier, l'annexe V du règlement.

Une fois obtenu  le décret exécutif et en l'absence d'opposition, il sera possible d'agir pour le recouvrement concret du crédit.

Condamnation prononcée dans l'État membre après le 10 janvier 2015 (Règlement 1215/2012)

Le tribunal de Varsovie, le 31/05/2015 a prononcé une condamnation contre Beta, une société italienne basée en Italie, pour le paiement d'une somme d'argent en faveur de Gamma, une société polonaise.

Gamma veut récupérer son crédit et pour faire ça, ses avocats italiens devront obtenir la documentation requise par la réglementation européenne, dont notamment une copie authentique de la peine dont l'exécution est demandée et l'annexe I du règlement de 2012. .

Une fois cette étape accomplie, une action en justice peut être intentée pour l'exécution matérielle de la peine polonaise.

Rosanna Serraino 

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